Pourquoi répétons-nous si souvent les mêmes schémas limitants, comportements, réactions émotionnelles, difficultés relationnelles, alors même que nous savons qu’elles nous desservent ?
Les neurosciences et la psychologie du développement apportent aujourd’hui des réponses convergentes : nos premières années de vie sont une période d’apprentissage particulièrement intense. Bien avant de pouvoir mettre des mots sur nos expériences, notre cerveau enregistre une multitude d’expériences et d’informations qui façonnent progressivement notre caractère, nos compétences relationnelles, notre manière de percevoir et d’appréhender le monde, les autres… et nous-mêmes.

Ces apprentissages qui se construisent avant les mots
Le jeune enfant apprend en permanence. Il observe, ressent, expérimente et s’adapte.
Au fil des expériences, il construit des apprentissages implicites, c’est-à-dire des connaissances qui ne passent pas par un raisonnement conscient. Ces apprentissages concernent notamment :
- la sécurité ou l’insécurité dans ses relations ;
- la confiance en soi ;
- la manière de gérer les émotions ;
- la façon de réagir au stress ;
- les attentes envers les autres.
Ils deviennent progressivement des schémas automatiques qui influencent ensuite notre perception, nos émotions et nos comportements, souvent sans que nous en ayons conscience.
Lorsqu’un enfant entend régulièrement : « Tu es trop sensible », « Tu n’y arriveras jamais », « Tu dois être parfait pour être aimé » ou encore « Ne montre pas tes émotions », ces messages peuvent progressivement être intégrés comme des croyances profondes sur lui-même.
Avec le temps, ces croyances cessent d’être perçues comme de simples opinions. Elles deviennent des évidences, et façonnent ce que nous croyons être notre personnalité.
Quand le pilote automatique prend le relais
À l’âge adulte, ces schémas continuent d’influencer notre quotidien.
Nous pouvons, par exemple :
- anticiper le rejet sans raison objective ;
- nous sentir constamment obligés de faire plaisir aux autres ;
- douter de nos capacités malgré nos réussites ;
- reproduire des relations qui nous font souffrir
- nous interdire de réussir ou d’être heureux.
Ces réactions ne sont pas des défauts de caractère. Elles représentent souvent des stratégies d’adaptation qui ont été utiles à un moment de notre développement.
Le cerveau privilégie ce qu’il connaît. Même lorsqu’un schéma devient limitant, il reste familier, et donc automatique.
Peut-on changer ces schémas ?
La bonne nouvelle est que le cerveau conserve une capacité de transformation tout au long de la vie : c’est ce que l’on appelle la plasticité cérébrale.
Les schémas ne sont pas figés.
Ils peuvent évoluer grâce à de nouvelles expériences, à une meilleure compréhension de soi, à l’introspection ou à un accompagnement thérapeutique.
Le changement ne consiste pas à effacer le passé, mais à permettre au cerveau de construire progressivement de nouvelles associations, plus adaptées à la réalité présente.
La place de l’hypnothérapie
L’hypnothérapie s’inscrit dans cette perspective.
Contrairement aux idées reçues, l’hypnose n’est pas une perte de contrôle ni un état de sommeil profond à caractère magique. Il s’agit d’un état d’attention particulier, dans lequel l’esprit devient plus disponible à l’exploration intérieure, aux images mentales et aux nouvelles perspectives.
Cet état peut faciliter un travail sur les schémas automatiques en permettant de :
- prendre davantage de recul sur certaines réactions ;
- mobiliser les ressources personnelles ;
- expérimenter de nouvelles représentations de soi ;
- diminuer la force des associations émotionnelles ;
- renforcer des croyances aidantes.
Les recherches montrent que l’hypnose peut être un outil efficace dans plusieurs domaines. Outre la gestion de la douleur qui est sans doute l’application la plus connue du grand public, l’hypnose a une action favorable sur l’anxiété, la désensibilisation des phobies, mais aussi dans l’accompagnement des changements comportementaux. Son efficacité repose moins sur une quelconque “magie” que sur sa capacité à favoriser de nouvelles connexions neuronales et de noveaux apprentissages.
Reprendre la liberté de choisir
Nous ne sommes pas condamnés à répéter indéfiniment les scénarios appris dans notre enfance.
Comprendre que certaines de nos réactions sont issues d’anciens apprentissages permet déjà de porter un regard plus bienveillant sur soi.
L’hypnothérapie ne change pas ce qui a été vécu. En revanche, elle peut contribuer à modifier la manière dont ces expériences nous aeffectent et continuent d’influencer notre présent.
Au fond, il ne s’agit pas de devenir une autre personne.
Il s’agit de retrouver la liberté d’être pleinement soi, au-delà des automatismes, des peurs et des croyances qui ne nous appartiennent plus.
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